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jeudi 19 mars 2009

Généroégalisationnisme

Une scène me trouble.

J'embarque dans l'autobus. Un homme me fait suite. Légèrement habillé, transportant un sac en plastique peu volumineux et semblant contenir quelque chose de pas très précieux, le quidam a tout l'air d'un itinérant, ou pas loin. Il se met à parler avec le chauffeur du car. Curieux, j'empêche ma musique de déranger mon ouïe. Disons que pour les besoins de l'histoire, l'itinérant s'appellera Hobo, et le chauffeur sera Yoshi. Parce que ça ressemble à "ochi", qui veut dire "non" en grec.

Donc Hobo parle avec Yoshi. Il lui dit qu'il n'a pas l'argent pour payer son droit de passage, et demande à faire quand même un petit bout. Probablement plus pour se protéger du vent que pour aller réellement quelque part. Yoshi refuse. Hobo insiste. S'ensuit une longue discussion qui stagne notre autobus puisque, on s'en doute, Yoshi refuse de partir avec cet énergumène à bord.

Au bout de deux minutes, Hobo sort de sa poche de la menue monnaie, la compte. Manifestement pas assez pour s'aquitter de son droit de passage. Pour prouver sa volonté de suivre les règles, il dépose tout de même toute sa fortune dans la petite fente, sans lui dire adieu.

Je me demande comment Charon aurait réagi, lui.

Yoshi, pour sa part, se contente de tenter de raisonner Hobo, et lui assure qu'il vient de refuser une faveur similaire à un autre passager, et qu'il est soucieux de l'égalité de ses concitoyens.

C'est alors que l'inévitable se produit *roulement de tambour* : une jeune femme assise non-loin se lève et va payer le reste du billet de Hobo.

Yoshi, résigné, tend son ticket à Hobo qui doit bien rire de sa gueule, et démarre enfin son engin, direction seconde étoile à droite et tout droit jusqu'au matin. Hobo va parler à sa nouvelle amie. Leur histoire finira alors que la femme descend du car, trois arrêts plus loin.

Générosité de la part de cette jeune femme qui a vu le besoin criant d'un homme désespéré pour un abri ? Ruse sagace de la part de notre ami Hobo qui savait très bien que ça finirait par en arriver là, et qui de toute façon n'avait rien à perdre ? Ou peut-être agacement de la part de la bienfaitrice qui a juste voulu arriver à temps à son rendez-vous chez le gynéco, peu importe le prix ? Ou alors une combinaison des trois ? Quoiqu'il en soit, je lève mon chapeau à M. Hobo. Peu importe l'intention de part et d'autre, sa méthode est à ce jour la plus originale et la plus efficace que j'aie vue. Appart le triflûtiste. J'aime le triflûtiste.

mardi 17 mars 2009

Encore un billet sur la manif' du 15 mars

Vous avez bien lu. J'écris ce billet en espérant bien communiquer ma perplexité sur la question, et peut-être au passage permettre à des gens de répondre à des questions qui me tracassent. Tout le monde est invité à commenter, du gentil manifestant au fauteur de trouble au policier, tant que ça reste respectueux, évidemment.

Je commence par m'afficher : je ne suis pas allé à la manifestation, je suis plutôt allé écouter de la musique au Archambault du centre-ville et m'acheter de la peinture au Omer de Serres. Je n'ai croisé personne de qui j'aurais pu dire : "Lui, il va à la manif !", seulement le petit frère d'un de mes amis qui, lui, s'y est pointé. Le petit frère suivait à peu près le même chemin que moi.
Je n'y suis pas allé donc. Aucun intérêt là-dedans, pour tout avouer ; quoique mon ami a réussi à me vendre l'idée de me pointer un moment à la prochaine, juste pour voir de quoi ç'a l'air, et peut-être m'amuser un peu au passage. Mais cette fois-ci, aucun intérêt. Et pourtant, bien que j'affirme mon droit de ne pas m'intéresser à la chose et de ne vouloir rien avoir à y faire, je me suis retrouvé bloqué dans le métro pendant plus d'une demi-heure. Frustration, moi qui était sorti du bon pied ; mais justement, j'étais de bonne humeur, alors ç'a bien passé.
Heureusement, aucun autre événement n'est venu ponctuer mon tour au downtown. Je suis rentré la paix dans l'âme avec un métro fonctionnel.

Ceci dit, à lire les journeaux et à entendre les divers témoignages écrits et parlés, ça ne semble pas avoir été très peaceful. Je ne ressortirai pas les chiffres, vous les connaissez.

La première question que je me pose, c'est "Pourquoi ?" Oui, d'accord, pour défendre une cause, yada yada, là n'est pas ma question. Pourquoi ce moyen-là ? Comme je suis bon philosophe, voici quelques contre-arguments :

- Les gens ont peur. Quand on entend parler qu'une manifestation s'en vient, plusieurs évitent les alentours de l'événement, les commerçants vident leurs vitrines, les résidents se stationnent plus loin s'ils le peuvent, bref c'est beaucoup de trouble. Et de ce qu'on voit, avec raison. On a raison d'avoir peur. Attention, je n'accuse personne personnellement ici, si certains sont déjà en rogne, lisez l'article jusqu'à la fin, je ne fais que procéder point par point. Mais je m'imagine être un policier, et je comprends leurs réactions violentes et précipitées. Ils savent que la population a peur et que s'il arrive quoi que ce soit, ils vont manger une bonne partie de la merde. Et désolé, mais ce n'est PAS en étant peaceful dans la situation qu'ils vont s'en sauver. On est loin ici des hippies qui mettent des fleurs dans les cannons des fusils en espérant que les soldats les baissent pour leur faire un câlin. Ici, c'est un policier armé contre un manifestant armé, et aucun des deux ne refuse de baisser son arme, parce qu'ils savent tous les deux que baisser leur garde, c'est espérer que l'autre n'aura pas la brillante idée de profiter de sa chance si gratuitement offerte. Des gens se font backstabber partout pour bien moins que ça. Être un policier, je sais que je finirais par voir tout le monde comme un danger potentiel. À un certain point, est-ce que le fait que tu ne sois pas habillé en punk fait de quoi quelqu'un de moins dangereux en apparence ? Au début, oui. Mais pas une fois que la chicane a pogné. Au pire, tu te feras un peu plus respecter. Mais ça n'empêchera pas les flics de te tasser dans un coin.

- Quels sont les résultats ? Moi, quand je parle à mes amis, il y a généralement deux catégories : ceux qui sont d'accord, et ceux qui s'en foutent. L'écrasante majorité fait partie du second groupe. Quand j'en parle à mes parents et ma famille, les deux groupes deviennent : ceux qui s'en foutent, et ceux qui sont en maudit. Encore une fois, la majorité appartient au second groupe. Il s'agit de gens respectables, intelligents, éduqués et cultivés, peut-être pas dans le sens qu'ils peuvent disserter sur Kant au souper de famille à Noël, mais ils ont un bel esprit pratique et du vécu et je respecte ça. Je me dis que si un tel échantillon de notre société réagit aussi mal, que doit penser tout le reste ? Y a-t-il des gens qui se tournent vraiment en faveur de la manifestation pendant qu'elle a lieu ? Si oui, combien ?

- La manifestation fait des dégâts. C'est loin d'être tout le monde qui y contribue, j'en conviens. Mais ce que je vois dans une manif, c'est l'opportunité. On donne la parfaite excuse à des fauteurs de trouble pour faire leur travail et déverser leur haine n'importe comment. Cela me fait simplement me demander : comment quelqu'un n'a-t-il pas pu, déjà, trouver un autre moyen, tout aussi efficace, de faire parler de la cause et de faire sa "propagande" (sans péjoration ici) ? Parmi ces révolutionnaires, il y a des fans du Che à la petite semaine, mais aussides gens absolument brillants qui connaissent le système mieux que le système se connaît lui-même. Comment se fait-il que personne n'ait encore trouvé un moyen plus brillant, qui ne fournirait pas à n'importe qui la chance de s'exciter sur des combinaisons de briques et de vitrines, et qui aurait tout autant d'impact sur le système, et peut-être même davantage ? Ma théorie : c'est juste "plus l'fun" de sortir manifester entre amis.

Je tiens maintenant à souligner que je suis pour le concept de revendication de ses droits, et pour l'idée théorique de manifestation. C'est avec la pratique des manifs que je suis moins d'accord, parce qu'on sait tous très pertinemment que le plan ne survivra pas au contact avec la réalité, alors pourquoi même essayer ? Pourquoi justement ne pas employer la même énergie à trouver un autre moyen ? Je tends à croire que la force d'un révolutionnaire contre une société stagnante doit tenir à son originalité face à la staticité. Il y a probablement des idées très originales qui ressortent çà et là, et je les applaudis sans les connaître.

Finalement, je termine ce billet en offrant mes sincères félicitations au Mouton Marron. Peu avant la manifestation, il a eu la classe de conseiller à tout le monde des choses qui peuvent paraître de base pour certains, mais que j'aurais apprécié de lire si j'étais allé à la manif. Quelques petits objets pratiques à apporter, des choses niaiseuses qu'il est absolument mieux d'oublier chez soi, et surtout, un appel à la non-violence dont tout le monde aurait dû s'inspirer. Ça, c'est intelligent : faire valoir ses droits de manière ferme, mais en jouant les règles du jeu, d'une certaine manière. Et félicitations aussi pour son dernier billet, je vous encourage à le lire, c'est très bien écrit. On y sent évidemment un léger biais, mais c'est normal, je m'y attendais, et puis même ça met de la couleur. Ça montre que ce n'est pas uniquement un documentaire en son genre. Et au moins, c'est un biais qui n'insulte personne. Bref, encore une fois, réaction absolument intelligente de la part du Mouton. Je lui lève mon chapeau !

Je réitère mon invitation aux intéressés à répondre à mes questions et m'aider à me laver de mes inquiétudes. Je suis de ceux qui croient en une société meilleure, on ne me fera pas croire qu'on ne peut pas s'entendre, quand même !

mardi 3 mars 2009

Athéreligilisticexpialidocious

Bonjour à tous.

Ce billet est une partie d'une longue série de billets qui entendent donner un avis, je crois plus souvent qu'autrement pertinent, sur un état des choses de la vie réelle vu de l'oeil d'un poète exaspérément lyrique qui préfère parfois se foutre du réel plutôt que le combattre, que ce soit par paresse ou par une douce conviction que les moyens ne justifient pas la fin.

Mais je promets à mon humble auditoire de limiter ce genre de billet à l'avenir, et de plus je promets que le prochain billet consistera en une nouvelle littéraire, un poème, ou quelque chose d'équivalent. Un moment donné, ça va faire, s'occuper toujours du monde ! J'aime bien m'en moquer, le remettre en doute et tester la validité de mes valeurs sur le terrain, mais je laisse aux mains de plus zélés que moi le soin de bâtir quelque chose de réel et de solide dans ce monde un peu piteux qu'est le nôtre.

Je me promenais donc sur le web (parce que toutes les histoires commencent comme ça ; vous allez voir, bientôt on va voir une Petite Sirène de Disney avec un ordinateur waterproof et une connexion wireless), et je remarque, encore et toujours, une discussion, enflammée on s'en doute, à propos de l'existence de Dieu. Notons que le tout a commencé avec une annonce que les autobus de la STM allaient bientôt se doter du slogan "Dieu n'existe probablement pas alors profitez de la vie" ou quelque chose comme ça.

Je décroche.
Je décroche totalement de ce débat qui, selon moi, n'a plus lieu d'être.

On est assez individualistes maintenant pour accepter sans remords que quelqu'un soit religieux ou non. Sacrons-nous donc une petite patience, tout le monde.
Nous savons tous que le conflit est impossible à résoudre de manière définitive avec les arguments qui existent présentement.
Un religieux n'est pas en soi plus ou moins heureux qu'un athée, et vice-versa.
Un athée en soi n'est pas plus ou moins gossant qu'un religieux, et vice-versa.

Il reste évidemment bien des problèmes à régler dans la vie pratique par rapport à cette question. Mais ultimement il existe plusieurs conflits (il me semble, car je ne me rappelle plus des détails) qui me paraissaient très faciles à régler du moment où on n'avait pas de parti pris. Et c'est là le plus dur : la majorité des gens a encore un parti pris, soi pour le oui, soit pour le non, mais peu de gens ont assez d'objectivité pour juste s'en foutre et reconnaître la valeur réelle de l'argument, c'est-à-dire aucune valeur, de part et d'autre.

Vraiment, pour ce qui est de décider de comment agir les uns avec les autres, la religion comme l'athéisme ont dans ma tête la même valeur argumentative que "j'ai une olive fourrée au fromage dans la bouche." Autrement dit, je n'ai plus tellement envie de frencher la personne, mais sinon, ça ne change rien.

Je suis contre la publicité en faveur de la religion, mais une publicité en faveur de l'athéisme, ça fait juste inutilement enfoncer le clou (sans nécessairement chercher à faire de mauvais jeu de mots qui frustrera les chrétiens déjà frustrés par Religulous, quoique j'aime bien l'idée) et serrer la corde à la gorge de la religion. Ça fait franchement provocateur. Qu'on s'assure donc que les autobus marchent bien, ce serait déjà un meilleur investissement de temps, il me semble. Suis-je le seul à sacrer quand il fait -20 degrés au soleil et que je vois trois autobus en ligne passer, étiquettés "Hors-Service" ? Me semble que c'est pas en le cachant derrière un "Dieu n'existe probablement pas" que je vais plus en profiter. Je ne suis pas contre la publicité dans le sens que je m'y oppose, je trouve juste ça inutile et j'espère sincèrement que ça n'aura aucune espèce d'incidence sur la vie des gens. Je pense que le plus beau geste qu'on puisse faire, c'est de ne pas en parler une fois que ce sera sorti au grand jour. Tiens, déjà je me contredis. J'imagine que tout mon avis n'a plus aucune valeur ?

Bref, au bonheur de certains, au désarroi de certains autres et à l'indifférence de la majorité (et je suis satisfait de cette indifférence), je me déclare agnostique, sceptique, je-m'en-foutiste et je-ris-de-votre-gueuliste. Ceci dit, j'encourage plusieurs de mes amis proches (qui se reconnaîtront) à continuer d'argumenter en faveur de l'athéisme dans la face de religieux endurcis ; et j'encourage ces mêmes religieux endurcis à continuer de frustrer ces amis proches au point où ils sentent le besoin d'aller essayer de leur clouer le bec. Si vous me cherchez, je serai dans la deuxième rangée, avec le gros sac de popcorn.

lundi 16 février 2009

Tels parents, tels enfants...

J'imagine que tout le monde a entendu l'incroyable histoire de ce couple d'Anglais, un garçon de 13 ans et une fille de 15 ans, qui sont devenus parents.
Non, ce billet n'a pas prétention de faire la critique de la situation. D'autres l'ont probablement déjà fait beaucoup mieux que je ne pourrais espérer le faire. Non, je veux plutôt profiter de l'occasion pour jeter un oeil sur quelques détails parallèles...

David Cameron, du journal The Sun, journal qui a publié le premier article concernant les jeunes parents, nous offre cette recommandation : "[...] that instead of just teaching sex education, we teach children about relationships too [...]" Bon alors, on dirait bien que dans un futur proche, il est probable qu'au secondaire, on ait non seulement un petit cours d'éducation sexuelle, mais aussi un cours d'éducation au couple. Pour que les jeunes comprennent ce que c'est que d'être à deux ; qu'ils apprennent à envisager qu'ils ne le seront peut-être plus d'ici un mois, deux mois, un an, dix ans (dépendant entre autre de leur âge) ; qu'on leur fasse voir qu'un couple a ses bons et ses mauvais moments... Juste au cas où ils ne le sauraient pas.
Je suis pour les cours d'éducation sexuelle, même si je pense que c'est un peu le travail des parents qui est délégué à l'école. Je suis pour les cours d'éthique et culture religieuse, parce que ce sont des sujets qui peuvent facilement être la proie de malentendus et de rumeurs calomnieuses. Je suis pour les cours de morale même, et ensuite pour la section "éthique" des cours de philosophie, parce que au-delà du "voler ou tuer quelqu'un c'est mal", il est bon que l'on puisse envisager des problèmes complexes de justice et de valeurs humaines.
Mais on dirait que plus on avance, plus on a besoin de donner des cours pour des choses qui devraient, à mon sens, être de base. À chaque pas, on se rend compte que le message n'a pas assez bien passé, alors on remonte encore un pas de plus vers la base de tout, en espérant atteindre plus de gens. Je trouve rididule qu'on ait autant besoin d'éducation supervisée pour apprendre à vivre ensemble, entre amis, en couple, en famille... Mais surtout, ce que je trouve déplorable, c'est que bien des adultes aujourd'hui couleraient lamentablement ce cours.
À quand le cours "Voir plus loin que le bout de son nez, première année : est-ce possible ?" Bien sûr, la deuxième année s'intitulerait "Oui, c'est possible !" et ce n'est qu'au troisième volet qu'on aurait droit au "Et voici comment..."

Autre sujet. La soeur de Alfie, le garçon de 13 ans, accuse leur père (absent) d'être responsable de la situation.
Elle, elle va être bonne leader. Elle a déjà les capacités de déléguer !
Attention, je n'excuse pas nécessairement le père d'avoir abandonné sa famille. En fait je ne porte aucun jugement sur la chose. Mais y a toujours des limites...
Vous savez quoi ? J'accuse Thierry Vaglia, mon professeur de science physique de secondaire 4, de ne pas m'avoir fait assez étudier mes circuits électriques. À cause de lui, aujourd'hui je serais incapable de mesurer correctement l'ampérage d'un circuit, même s'il en allait de ma vie. Je devrais même l'actionner pour ça si jamais je perds un membre parce qu'il ne m'a pas aidé à le retenir. Mais il va falloir que je gagne mon procès, sinon je vais poursuivre mon professeur de philo pour m'avoir enseigné que c'était possible, mon avocat pour n'avoir pas été à la hauteur, et mon cerveau pour avoir eu cette idée saugrenue.

Dernier sujet. La mère de la jeune mère a trouvé une solution pour le couple sur le plan financier. Chantelle (la fille de 15 ans) pourra, à ses 16 ans, faire considérer Alfie comme son fils. Ainsi elle toucherait des allocations du gouvernement comme une mère monoparentale qui a deux enfants.
Ai-je besoin d'en rajouter, ou puis-je simplement me complaire dans mon hilarité ?

Bon tout ceci étant dit, j'espère simplement que toute cette histoire finira pour le mieux, peu importe la conclusion.

jeudi 12 février 2009

Moi, personnellement, mon avis est que je...

J'écris beaucoup ces temps-ci sur des blogues à saveur socio-politique, qui critiquent le gouvernement, l'économie, le capitalisme comme l'anarchisme...

Vous savez comment je me sens ?
Comme un de mes oncles qui n'a aucun vocabulaire mais qui a quand même des idées politiques.

En ce sens que plusieurs de mes amis proches ont un répertoire, des connaissances, d'aucuns lancent un débat sur l'anarcho-capitalisme et soudainement ressort l'argument d'une analogie avec le bolchévisme durant une décennie que je croyais presque perdue en pleine première guerre mondiale. J'exagère un peu, mais bon.

Le fait est que je me considère logique, je suis apte à mettre en perspective les mouvements larges de sociétés en les comparant à des groupements de gens plus petits et familiers, je suis capable d'une raisonnable interprétation du présent et, même à défaut de tout ça, je sais poser de bonnes questions. Mais je me questionne sur la pertinence de mon apport aux discussions dans un sujet qui n'est clairement pas le mien, moi qui méprise la politique depuis mon plus jeune âge (peut-être en fait depuis que c'est la partie où je perdais tout le temps à Caesar II).

Réflexion d'un homme qui va aller se wikier quelques articles de poilitique avant de se réembarquer dans une discussion du genre.

vendredi 23 janvier 2009

Analogie entre la bureaucratie moderne et un cours de programmation informatique

Dans le film L'Auberge Espagnole de Cédric Klapisch, Xavier, le protagoniste principal, dit au début quelque chose qui ressemble à : "Je ne comprends pas comment le monde est devenu un tel bordel."
Il va passer une entrevue, se présente au building d'une imposante entreprise économique dont les activités exactes restent vagues. Pour faire court, il s'adresse à la secrétaire à l'entrée, qui le redirige vers un autre bâtiment, où il est reçu par une autre secrétaire, qui lui indique le bon étage, où il rencontre une troisième secrétaire, qui lui fait traverser une bonne dizaine de couloirs bondés de portes de bureaux, avant d'arriver à l'officine qui les intéresse, où une autre secrétaire présente finalement Xavier à la personne qui lui fera passer son entrevue. Le tout en fast-motion pour nous éviter la demi-heure que ç'aurait réellement duré.
Bref, la maison qui rend fou.

J'ai concocté une anaglogie intéressante pour illustrer ce bordel et comment il est devenu ce qu'il est.

Je me rappelle mes cours de programmation au Cégep. On commence tout en douceur : en apprenant comment se faire afficher du texte à l'écran.

print "Hello World !"

Puis le cours suivant, on apprend à poser des conditions.

if ($x==1) { print "Hello World !" }

Puis on s'amuse à poser plusieurs conditions.

if ($x==1) { print "Hello World !" }
else if ($x==2) { print "Hola Mundo !" }
else if ($x==3) { print "Bonjour Monde !" }

Mais le cours d'après, on apprend qu'il est inutilement long de programmer de cette façon, on apprend donc des méthodes plus ergonomiques d'arriver au même résultat. On garde notre ancien code dans un coin pour ne pas l'oublier, on le met en commentaire pour le rendre inactif, et on rajoute à sa suite la réelle instruction.

switch ($x) {
case 1 : print "Hello World !"; break;
case 2 : print "Hola Mundo !"; break;
case 3 : print "Bonjour Monde !"; break;
}

Par la suite on apprend à gérer plusieurs variables, mais ultimement on se rend vite compte qu'il est nécessaire de les classer en tableaux. Ces tableaux se complexifient, deviennent dses tableaux dans des tableaux.

$x = array(
'chiffres' => array(
'premiers' => array('un','deux','trois','cinq','sept'),
'non-premiers' => array('quatre','six','huit','neuf'),
),
'fruits_legumes' => array(
'fruits' => array('pomme','banane','ananas','poire'),
'legumes' => array('concombre','carotte','patate'),
),
'mots_sans_rapport' => array(
'fbb' => array('foo','bar','baz'),
'autres' => array('blah','flih','zeek'),
),
);

Notez que je m'amuse.
Mais alors l'arrivée de ces nouvelles variables en tableaux nous oblige à revoir toutes nos conditions précédentes, qui doivent non plus aller chercher $x, mais $x[$category][$subtype]. Et à cette fin il faudra évidemment trouver un moyen de définir $category et $subtype, probablement par des formulaires qui se trouvent dans un autre fichier qui sera inclus à celui sur lequel on travaille.
Mais assez d'exemples. Je voulais que vous ayez une idée visuelle de l'évolution du code en complexité. Le fait est que comme on parle ici d'un cours pas à pas pour débutant, tout ce qui a été fait précédemment a été conservé quelque part, dans un coin où il ne dérangeait pas, même s'il était désormais parfaitement inutile. On va raboter des bouts de code les uns à la suite des autres, afin d'explorer les possibilités, et finalement à la fin de la session, on se retrouve avec un programme que certains motivés pourraient réécrire pour donner le même résultat en, environ, dix lignes de code. Cependant, le code ressemblerait un peu à ceci :

function display_content() {
global $section, $contenu;
if (isset($_GET['showImg']) && $_GET['showImg'] != '') {
print '‹div id="content" lang="fr-CA"›‹div class="displayImg"›‹img src="images/images/' . $section . '/' . $_GET['showImg'] . '.png" /›‹/div›';
} else if (file_exists($contenu)) {
$openFile = file($contenu);
foreach ($openFile as $line_num =› $line) { print format_line($line); }
} else {
include('contenu/error.php');
}
}

Avouez que ç'a l'air simple.

Pour revenir à mon propos principal, maintenant que je me suis bien amusé... Voici où en est la bureaucratie moderne, dans ma tête. Un bordel de rabotage de bouts de code. La fonction décrite ci-dessus, le gouvernement et les grandes compagnies sont bien capables de l'exécuter, mais en 60 lignes de code au lieu de dix. Parce que le code n'a pas été vérifié, optimisé, nettoyé.
On en est peut-être là, ou peut-être pas encore, mais on le sera ; au point où il faudra revoir les structures en place, et comprendre comment on peut arriver au même résultat avec six fois moins de commandes. Peut-être devrons-nous faire table rase et tout reprendre du début avec des connaissances plus avancées, ce qui irait logiquement plus vite mais ferait temporairement sombrer le monde dans un Dark Age dont personne ne veut. Ou alors, scénario plus probable, il nous faudra encore des siècles pour optimiser un petit bout de code à la fois jusqu'à obtenir un résultat raisonnable. Mais rendu là, un nouveau langage plus optimisé, plus puissant et plus solide aura fait son apparition.
Bref, on sera toujours dans la merde.

Il y a trois manières de voir les choses. Du plus chouette au plus décourageant, la liste va dans cet ordre : l'optimisme, le pessimisme, et le réalisme.

vendredi 16 janvier 2009

Je me souviens...

O Canada
Terre de nos aïeux
Ton front est ceint de fleurons glorieux
Car ton bras sait porter l'épée
Il sait porter la croix
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits
God keep our land glorious and free
O Canada, we stand on guard for thee
O Canada, we stand on guard for thee

Vous ne remarquez rien ici ?
GOD ???
Ça n'a pas de bon sens.
On se prétend une société laïque et on laisse Dieu dans notre hymne national !
Et en plus, EN PLUS, notre bras sait porter la croix ! Non mais dans quel monde on vit ? Depuis quand on n'a plus vu qui que ce soit porter une croix, même au cou ?
Débarassez-nous de tout ça, pas de religion dans notre national anthem !

...

Ceux qui m'ont pris au sérieux, vous pouvez vous sacrer une volée et rire de votre tronche.
N'empêche, je pense que nous avons peu de temps avant que quelqu'un demande qu'on adopte officiellement une version laïque de cet hymne. Ce qui est déjà fait en partie : certaines personnes chantent déjà O Canada au lieu de God keep our land.
Moi je dis qu'on devrait songer à adopter un hymne national semblable à celui des États-Unis.

[...]
And the rockets' red glare
The bombs bursting in air
Gave proof through the night
That our flag was still there
[...]

Je sais pas. Ça me semble peaceful.