Affichage des articles dont le libellé est Philosophie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philosophie. Afficher tous les articles

mercredi 11 février 2009

L'utilité du vide

Une amie m'a demandé à quoi servait le vide. En fait, voici ses mots exacts :

"J'aime vraiment regarder les étoiles ! Quand tu y penses… l'univers c'est tellement énorme ! Pis la planète terre bien c'est dans le vide… dans le rien ! Moi ca me fais flipper ça ! Je n'en reviens pas ! Ayoye ! J'y pense la maintenant… pis moi j'me dis que c'est tellement bizarre ! Tout ce vide…qui sert a quoi ?!? Le sais-tu toi ? Parce que moi j'le sais pas ! [...]"

Notez que je n'ai eu ici à corriger aucune faute d'ortographe, et je respecte ça.
Voici maintenant ma réponse à cette question très... les adjectifs me manquent là !

À la base, il faut définir le vide. Mais le vide n'est pas. Donc il est indéfinissable. Ceci dit, indéfinissable ne signifie pas inutile. La preuve, je suis utile. Mais pour juger de l'utilité d'une chose, nous ne pouvons pas nous en tenir à son utilité relative, car dans ce cas la réponse changerait pour chacun de nous. Le vide ne m'est pas utile de la même manière qu'il t'est utile : je doute que tu te serves couramment du vide pour invoquer un gros bubble-monster dans un cercle sous pression pour lui poser des questions relatives aux carosses d'épicerie en lui balançant sur la gueule des phéromones sexuelles de monstre-mouton femelle à mille tétines. Donc, il faut définir l'utilité intrinsèque du vide, et pour ce faire il nous faut le définir par rapport à lui-même et ainsi trouver son utilité par rapport à lui-même. C'est là que ça devient cool. Parce que le vide ne pense pas, puisqu'il n'est pas, et vice-versa. Donc puisqu'il ne pense pas il ne peut se trouver une utilité, pas parce qu'il est incompétent, mais parce qu'il n'a pas de besoin, et qui n'a pas de besoin trouve tout inutile. Mais justement, puisque le vide n'a pas de besoin, alors il vient lui-même combler tous ses besoins, qui sont nuls. Quelque chose d'utile, dans ce sens, serait encore plus inutile au vide que quelque chose d'inutile. Donc, pour répondre à ta question : par négation, le vide sert à tout.

Et je sens une vague de n'importe quoi qui menace de détruire la civilisation telle que nous la connaisssons.

mardi 13 janvier 2009

Note en passant qui passe-partout...

Au moment de créer le blogue, je m'étais promis de ne pas en faire un espace de critique à caractère socio-politique, ni éthique, ni moral, et à peine philosophique. Ce blogue se voulait avant tout un espace de publication littéraire pour des textes qui ont pas de bon sens.

Je m'égare de mon sujet. Et je m'en rends compte. Et je me sens comme un chameau rutilant.
Prenez, je vous prie, mes "critiques" en ayant deux choses à l'esprit :
a) Il y a déjà trop de critiques du monde moderne, je n'ai ni le goût ni la compétence d'en rajouter.
b) Ce que je tente d'écrire a toute la forme d'une quelconque critique de société comme on en voit partout, mais ma réelle intention est de faire part de ma philosophie de vie, et malheureusement, je me trouve à m'inspirer des événements de la vie quotidienne.

Sur cette surutilisation du mot "critique", je vous joue dans les cheveux !

vendredi 9 janvier 2009

Le Pourquoi du comment

Un auteur, je ne me souviens plus qui, a écrit, je ne me souviens plus quand, dans un livre, je ne me souviens plus lequel, ou peut-être était-ce un aphorisme, je ne me souviens plus... Bref, il a écrit un commentaire que sur le moment je tint pour logique et vrai.

Quand un désastre arrive, la plupart des gens se demandent pourquoi c'est arrivé, et à qui la faute. Très peu de gens se demandent comment faire pour réparer la bévue, et c'est entre autres pourquoi on fait peu de choses pertinentes.

En lisant cette chose, et sans trop y réfléchir, je me suis dit qu'il était vrai que les gens réfléchissaient trop et n'agissaient pas assez pour vraiment faire quelque chose de productif. Et je le pense encore. La différence depuis ce matin : je pense que le pourquoi et le à cause de qui sont très importants.

Le pourquoi, lorsqu'il est répondu de manière satisfaisante, pourra souvent nous offrir la solution la plus pratique sur un plateau d'argent. Quelqu'un arrive chez le médecin avec un mal de tête. Le médecin lui prescrit de l'acétaminophène. Le patient revient trois jours plus tard. Même mal de crâne. Alors le médecin devient intelligent et questionne le patient sur ses activités, et alors il découvre que le gnochon se tape sur la tête avec un marteau pour le plaisir. Ai-je besoin d'en rajouter ?

Il est vrai que le "à qui la faute" n'aide aucunement à résoudre le problème. Mais une fois ledit problème solutionné, il convient de savoir qui et dans quelles circonstances a commis l'erreur, afin de s'imperméabiliser autant que possible dans le futur.

Je dirais, et je pense pouvoir applique ce commentaire à de larges strates de la société, de la vie, de la réalité... Au contraire, il n'y a pas assez de gens pour se demander pourquoi, documenter le pourquoi, et s'y référer dans l'avenir en cas de besoin. Beaucoup d'erreurs faites aujourd'hui auraient pu être prévenues en s'aidant des leçons apprises du passé. Ah, et aussi en congédiant les imbéciles. Mais ça, c'est une autre histoire et ce n'est pas près de se produire anyway.

mercredi 7 janvier 2009

Deux arguments cruellement absents de l'athéologie moderne

Depuis un certain temps, la course religieuse semble avoir repris un certain essort, du moins dans ma province de mon pays, où les questions d’accommodement raisonnable, par exemple, sont devenues critiques et critiquées. En fait, j’ai l’impression d’assister à un débat entre la religion et la réalité, le créateur et sa création. On croirait que l’univers, après avoir passé quelques milliards d’années à développer une race intelligente (ce texte est très anthropocentriste), se prépare à faire face à son créateur comme un adolescent qui se rebelle contre l’autorité de ses parents, qui pourtant jusque-là semblaient tout-puissants à ses yeux.

Loin de prétendre clore le débat, il me presse seulement d’apporter à la longue liste d’arguments et de contre-arguments, quelques faits que je n’ai pas eu le bonheur de voir sur ladite exhaustive liste. Et ces arguments n’ont pu être réfutés, de quelque manière que ce soit, par des fidèles venus cogner à ma porte pour m’entretenir du message des saintes écritures, alors je me permets de les croire pertinents.

Un mot de prudence dependant : j’ignore encore si je me considère athée, il me semble que je me rangerais plutôt du côté des panthéistes. Si ça peut changer quelque chose pour quelqu’un, je préfère afficher d’emblée mes couleurs et leur teinte précise.

Premier point : Si l’univers a été créé par le Big Bang, qu’y avait-il avant le Big Bang ?
(Alternative : Si Dieu n’existe pas, qu’y avait-il avant le début de l’univers ?)

Je commencerai par pointer un paradoxe de cette question. Car bien que ce soit une question, la poser exprime clairement que l’on affirme deux choses :

1. Il y avait de la matière avant le Big Bang.
2. Il y avait un avant Big Bang.

Je reviendrai sur le premier point plus tard, car c’est mon préféré. Explication du deuxième maintenant. Nous savons (presque) tous que les scientifiques arrivent à comprendre comment s’est formé l’univers à partir de (approximativement) quelques secondes après le Big Bang. Mais remonté plus loin dans le temps, les ordinateurs flabergastent et les physiciens cherchent leur mère. Pour la simple et bonne raison que non seulement au-delà de cette limite, les lois de la physique n’entendaient rien à ce qui allait bientôt devenir leur standard (que nous observons aujourd’hui), mais même le temps, cette chose abstraite que l’on représente linéaire, à ce moment-là avait plus l’air d’une lasagne passée au blender.

Le Big Bang était le début de l’univers, et le temps n’est qu’une dimension (relative, rappelons-nous en) de cet univers, et donc le temps n’a pas précédé l’existence de l’univers. Ça fait très raisonnement circulaire, je le conçois, et n’étant pas physicien moi-même je ne peux pas vous emmerder avec quinze pages de formules pas possibles qui inspireraient à Douglas Adams le chef-d’œuvre d’une époque. Mais il me paraît logique qu’il n’y a pas pu avoir un passé au Big Bang, événement qui a littéralement créé même la possibilité d’un passé !

Seconde virgule : Bon, d’accord. Mais quand même, le temps, et la matière, et « insérez ici votre liste d'épicerie » a bien dû venir de quelque part, non ?

Non.

Nous sommes habitués, depuis Héraclite, Parménides et d’autres, à penser que le vide n’existe pas, qu’il est inconcevable, que le non-être n’est pas, et que « rien ne se crée, rien ne se perd ». En fait ce n’est que partiellement vrai, pour ce qu’on en sait aujourd’hui.

Laissant de côté les considérations philosophiques de la chose pour m’attarder aux récentes découvertes scientifiques, je propose de reformuler la célèbre « rien ne se crée, rien ne se perd » par une plus juste « tout s’équilibre ». En effet, aussi saugrenu que cela puisse paraître, nous savons qu’il est parfaitement possible que de la matière naisse du vide. Comment nous le savons ? Parce que ça se fait en permanence.

Chaque fraction de seconde, quelque part dans l’univers, se créent une infinité de particules à partir du vide sidéral, mais vraiment du Vide. Il ne s’agit pas de recycler les quelques gaz et poussières en suspension dans ce presque-vide. Comment est-ce possible ? Transaction bancaire. La matière « emprunte » de l’énergie au vide pour se manifester. L’effet concret : la naissance d’une paire de particules, l’une de matière, l’autre d’antimatière. Oui, les particules ainsi manifestées ont une espérance de vie longue de quelques graines de secondes, avant de s’annuler l’une l’autre et de revenir à leur néant originel. Mais il n’est pas exclu que de telles particules ne puissent pas potentiellement atteindre une longévité raisonnable, donné un environnement propice.

Donc, pas besoin de conscience pour créer de la matière, et pas besoin non plus de matière au préalable. Le vide se suffit à lui-même.

Troisième point de suspension pour finir : quelques arguments faciles.

Ceux-là ne sont pas nouveaux, mais j’aime bien les rappeler au jour et entendre les fidèles me dire que les voies de Dieu sont impénétrables.

- Si Dieu est omnipotent, peut-il créer une pierre qu’il sera incapable de soulever ?
- Variation : Si Dieu est omnipotent, peut-il cesser d’exister (ou d’être, pour ceux qui veulent jouer avec les mots) ?
- Si Dieu est omniscient, alors il sait précisément ce qui va nous arriver à tous. Donc le jugement de tous et chacun est déjà réglé. Mais comme notre passage sur Terre est censé être une épreuve pour déterminer si nous sommes dignes de notre paradis, mais que Dieu sait déjà comment cette épreuve va se terminer, est-ce qu’il n’y a pas paradoxe ?

Annexe : Arguments de Descartes

Descartes avait un argument que je classe parmi les plus intéressants : il disait que Dieu existe car la notion de Dieu est en notre âme à tous. Un collègue autrefois avait tenté de confirmer ces dires en comparant le Créateur à une couleur.

Donc Descartes dit que Dieu existe car nous en avons l’idée. Quelqu’un aura évidemment la brillante idée de réfuter que ce n’est pas nécessairement parce que j’ai l’idée de quelque chose qu’elle existe. Ne voulant point s’engager dans une aventure psychologique et mentalement aliénante, le collègue sus-mentionné a plutôt préféré s’en remettre à la science pour lui fournir un contre-argument, lequel était ceci : pouvons-nous imaginer une couleur qui n’existe pas ? Non. Ergo, tout ce que l’on imagine doit nécessairement exister, même si ce n’est qu’un pot-pourri de plusieurs choses qui existent (un chien-arbre volant avec des poêles à frire en pépites de bananes). Donc, Descartes a raison.

Je pense que la faiblesse de cet argument saute aux yeux. Comme un carré est un rectangle sans qu’un rectangle soit nécessairement un carré, ce qu’on imagine doit nécessairement exister, complètement ou en partie, mais ce qui existe ne doit pas nécessairement être imaginable. Non, nous ne pouvons pas imaginer une couleur qui n’existe pas, mais il existe bien des couleurs que nous ne pouvons tout simplement ni percevoir, ni imaginer (infrarouges et ultraviolets).
Notons ici que tout ceci ne nous amène pas à conclure que Descartes avait tort, au contraire, l'argument tendrait à supporter sa théorie. Je serais curieux d'entendre d'autres people sur la question.